Ciel de Bretagne (Automne 2018)

ciel de bretagne 2018

 

ciel de bretagne

 

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Déversoir

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Ciel d’octobre (si,si)

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Des rayures sur le verre

 

Dans son esprit leurs visages n’étaient plus que des esquisses, d’obscures silhouettes en mouvement. Ils s’agitaient dans cette pièce dans laquelle il avait vécu autrefois. Ils se parlaient, s’aimaient, se déchiraient pour des raisons dérisoires, s’ils avaient su de l’après, certainement n’auraient-ils pas tant perdus de temps en futilité… En avait-il été de même pour lui, quand il était autre chose que ce reflet fugace sur le mur ? Lorsqu’il était lui aussi de chair et de sang… Vivant aurait-il pu dire s’il avait versé dans le sentimentalisme propre à l’espèce… mais il n’était plus de ce genre, ces souvenirs s’étiolaient, les goûts, les odeurs… il voyait et entendait, et voilà tout… certains êtres de chair et de sang ne pouvaient même pas en dire autant. Ils ne les jugeaient pas, ni ne les enviaient, pas plus qu’il ne les méprisaient. Il n’éprouvait plus à leur endroit qu’une fugace curiosité, qui se dissipait lentement une fois les premières heures passées.

Puis plus personne ne vint durant de longues années.

La terre tournait toujours dans l’espace autour d’elle-même et du soleil et il demeurait là entre deux mondes, indécis. Peut-être aurait-il simplement dû pénétrer la lumière, des siècles auparavant, il ne parvenait plus à se souvenir des raisons qui l’avaient poussé à refuser cette lueur terminale. Sans doute avait-il cru à quelque songe d’antan… De ceux dont il n’avait plus la moindre idée, ni du début ni de la fin. Les pierres et les boiseries sur lesquelles il se mouvait, de si diverses manières, étaient ses seules compagnes de jeu, et la lumière bien entendu. Celle qui l’éveillait chaque matin. Ces caresses n’étaient jamais les mêmes, ni réellement différentes, l’intensité de ses baisers n’avait d’égale que leur chaste légèreté, ainsi s’écoulait son existence frugale et sans limites.

Puis revinrent les êtres, les voix, les présences.

Il ne se souvenait même plus qu’ils existaient, ni ce qu’ils étaient… leurs vibrations étaient illisibles, leurs auras si ténébreuses, leur timbre grossier et leurs gestes gourds… et avec eux vinrent des sons nouveaux, des craillements agressifs. Son monde iridescent et paisible était devenu le théâtre du chaos.

Et il se rappela, la colère… ses fluides se mélangèrent à l’être diffus qu’il avait été… Et la matière redevint tangible. Il « touchait » de nouveau… Les murs qui reflétaient son souvenir d’abord, puis les créatures qui traversaient « sa » lumière… Le froid du granit, la douceur de la chair, la grossièreté minérale, la chaleur d’un cœur battant… Ainsi avait-il appris à désapprendre tout et à se satisfaire de peu, pour à nouveau sentir le souffle de l’épreuve balayer son essence.

C’était la dernière pièce de la maison qui lui restait à rénover, le grenier. Un œil-de-bœuf disproportionné, et son vieux parquet délavé, lui apportait un certain cachet rustique. Elle pourrait en faire un atelier, ou un bureau. Rien n’était décidé. Elle avait hérité de cette bâtisse un peu par hasard et n’avait pas réfléchi à son réagencement. Mais à cheval donné, n’est-ce pas ? Méditative, elle détailla l’intérieur de ses yeux frais. Cet endroit avait un vécu, une vibration particulière. Elle y peindrait, décida-t-elle, en observant le ciel par l’œil-de-bœuf avant de s’en retourner à ses travaux en cuisine.

La créature l’avait frôlé de plein fouet, sa main l’avait touché un court instant, à son contact, tant d’odeur, de couleurs, de sensations… ce qui jusqu’alors n’avait été qu’esquisse, devint monde véritable… De l’ail, un trait sucré, des pigments aussi… du sel. Quand donc reviendrait-elle ? Quelques rayons de soleil épars vinrent le rappeler à son état et si cette perception était bien réelle, au combien lui manquait l’illusion.
Enfin dépoussiéré et ravalé, le grenier lui semblait apte à accueillir ses velléités créatrices. Elle avait décidé de faire dans l’épure, une simple toile, un chevalet et son fusain. Le lieu était parfait. Les idées viendraient d’elles-mêmes, du vide ambiant. Et de la lumière. À cette pensée, elle mit sa main sur la vitre de l’œil-de-bœuf pour goûter sa chaleur. Sous ses doigts elle sentit alors des rayures, mais n’y prêta pas attention, c’était un carreau de verre sablé.
Son premier trait l’emporta des heures durant, jusqu’au soleil couchant… quand elle prit ses distances de sa toile, elle fut étrangement satisfaite… Elle n’avait jamais dessiné de cette manière, cela ne lui ressemblait pas… Elle aimait les visages, les yeux évidemment, la position des mains… Il lui était déjà arrivé de se perdre dans ses inspirations, mais jamais au premier jet… Et surtout, jamais en abstraction… Maintenant que le soleil s’était enfui, elle ne parvenait de toute façon plus n’a rien vraiment distingué, qui plus est, chaque minute qui passait creusait l’absence en ses pensées, mais l’absence de quoi, elle l’ignorait. Elle sortit sans un regard pour son ouvrage, le corps en proie à une intense fatigue.

Le matin l’accueillit comme une mauvaise surprise, elle se sentait atrocement vidée. Ses songes avaient été peuplés de mages et de sorciers, d’un fatras confus de médiévismes douteux… Elle n’était pas très portée sur l’Histoire, le passé sous tes formes ne l’intéressait guère. Ce rêve était le premier du genre, et elle espérait qu’il fût le dernier… Comme s’il avait été, le songe d’une autre, ou d’un…
Après avoir mangé plus que de raison, ses papilles avides de milles et une sensations, elle se rendit à la salle d’eau pour tenter de se remettre les idées en place. Les flux de fraîcheur lui firent grand bien. En robe de chambre, elle s’affaira, essayant d’occuper ses méninges à tout rompre, tant le désir se mêlait à la répulsion… La toile l’appelait. Mais quelque chose en elle la retenait.
Enfin elle y revint, ne voulant plus longtemps prolonger l’empreinte du songe malade sur ses pensées et ses désirs.
D’abord elle ne vit rien, sinon des reflets de poussière sur le vélin, au mal-être s’ajouta l’incrédulité… elle s’était échinée des heures durant sur cet effort, et rien n’en subsistait !? Elle s’approcha au plus près de la toile et commença à mieux y voir… Ce qu’elle avait pris pour de la poussière n’en était pas, mais des esquisses… d’une invraisemblable finesse. Des forêts, des villes, des personnages invraisemblablement petits… Elle avait dessiné toute une trame de vie, tout ce qu’un être peut voir et admirer en la durée d’une existence… mais ce n’était pas la sienne, rien dans l’infini des détails ne lui était familier, comme si un autre par son crayon s’était exprimé…

Il était libre, la créature avait recueilli son message, ramené de la vie là où même les souvenirs s’étaient estompés, du cadeau des fluides qu’elle lui avait offert, il avait rendu ses mémoires au temps et alors que son aura s’élançait enfin au firmament, il se souvint des mots qui l’avaient garder prisonnier du verre si longtemps : « qui tota vita sua diffluere lucem damnet in aeternum obumbratio. »
Et les comprit finalement… Hors l’ombre pas de vie, sinon un lumineux aveuglement.

Ciel de Bretagne Juin 2018

ciel de bretagne juin 2018

ciel breton juin 2018

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Exposition Juin 2018

Affiche

J’expose au Grand Large à Lorient du 4 au 29 Juin, et le vernissage a lieu le 8 juin vers 18 hr donc si vous passez dans le coin, n’hésitez pas à aller voir mes collages en vrai c’est souvent mieux qu’en reproduction digitale.

 

Ciel de Bretagne, Printemps 2018

ciel de finistère mars 2018

ciel de finistère mars 2018

ciel de finistère 2018

 

Islandis

el islandis copie

Islandis, collage 2018

 

 

islandis

Processus de fabrication

 

Collage Silver n’ Gold Série 2018

brumes du désir

Brumes du désir 

déluge des corps

Déluges des corps

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Hors Cadre

 

Ciel de Bretagne

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